Cyril Choquet : l'aventurier qui a réinventé la pêche sportive à la télévision

19 juillet 2026
4 min de lecture

De la banlieue parisienne aux grands espaces québécois

Une canne qui plie jusqu'à la rupture, un rire qui déborde de l'écran, et un type capable de tenir trois heures debout sur un pont qui tangue. Voilà l'image que des millions de spectateurs gardent de Cyril Choquet. Il n'a pas inventé la pêche sportive. Il l'a arrachée à son image poussiéreuse de discipline immobile, celle du pêcheur assis sur un pliant qui regarde son bouchon flotter pendant des heures. Avec lui, la ligne se tend, le bateau file, et la caméra tremble autant que les bras du guide.

Rien ne prédestinait ce gamin d'Île-de-France à ce destin-là. Il a fait ses classes sur des rivières françaises banales, à traquer le gardon puis le brochet au vif. Mais un gardon de 300 grammes, ça ne suffit pas longtemps quand on rêve de monstres. Après des études de commerce et quelques années à bourlinguer entre les États-Unis et le Belize, il pose finalement ses valises au Canada, la trentaine à peine entamée.

Le Québec fait le reste. Des lacs si vastes qu'on n'en voit pas la rive d'en face, un fleuve Saint-Laurent capable d'avaler un homme sans effort, et une diversité d'espèces qui donne le vertige. Face à une télévision qu'il juge trop plate pour raconter tout ça, il monte sa propre boîte de production. Le principe est simple : pas de scénario écrit à l'avance, pas de mise en scène, juste une caméra qui suit l'aventure telle qu'elle arrive.

"Mordu de la pêche" et "Chasing Monsters" : le grand frisson sur petit écran

Le succès arrive vite, et il surprend tout le monde y compris lui. Avec Mordu de la pêche (exportée sous le nom Fishing Adventurer), le public découvre un ton qu'il n'avait jamais vu dans ce milieu : du tutoiement franc, des galères de transport racontées sans filtre, des nuits chez l'habitant à l'autre bout du monde. On ne regarde plus un poisson sortir de l'eau, on suit un voyage, avec ses imprévus et ses rencontres.

Puis vient Chasing Monsters, diffusée dans plus de 120 pays sur Netflix et Discovery Channel, et là, l'échelle change complètement. L'émission traque les prédateurs les plus impressionnants du globe, et la tension monte d'un cran. Quand un poisson de deux cents kilos tire la ligne depuis trois heures sous un soleil qui cogne, on n'est plus dans le documentaire tranquille : on est dans un combat, et le spectateur le sent physiquement.

Les géants d'eau douce et de mer : un tableau de chasse légendaire

La liste des adversaires qu'il a affrontés donne le tournis. L'esturgeon blanc du fleuve Fraser en tête : un poisson qui existait déjà à l'époque des dinosaures, capable de bondir hors de l'eau malgré ses centaines de kilos. Dans l'Amazone, c'est l'arapaima, géant préhistorique obligé de remonter respirer à la surface, qui l'a forcé à puiser dans ses réserves d'endurance. Dans les bayous de Louisiane, le poisson alligator et ses mâchoires acérées. En mer, dans les récifs de l'océan Indien, la carangue ignobilis, un adversaire réputé pour ne jamais lâcher le combat le premier.

Chaque expédition se prépare comme une opération militaire : lignes tressées capables d'encaisser des départs brutaux, moulinets à freins carbone poussés dans leurs derniers retranchements. Et pourtant, derrière cette violence apparente du combat, une règle ne bouge jamais : le respect de l'animal passe avant la performance.

L'éthique derrière l'adrénaline : préserver pour continuer à rêver

Le catch and release n'est pas un argument marketing dans ses productions, c'est une méthode appliquée avec une rigueur presque chirurgicale. Le poisson reste dans l'eau le plus possible, on le réoxygène plusieurs minutes avant de le relâcher, et l'équipe travaille régulièrement avec des scientifiques pour marquer les spécimens et suivre leurs déplacements. Ce n'est pas du folklore : ces données servent réellement à comprendre comment ces espèces migrent et survivent.

Cette exigence rejoint celle d'autres passionnés français comme Julien Derozier, guide de pêche extrême, qui pratique lui aussi une traque respectueuse des grands prédateurs marins. Pour ces gens-là, l'océan n'est pas un terrain de chasse à vider, mais un territoire qu'on emprunte, et qu'on doit rendre intact.

FAQ sur les coulisses de ses aventures

Quel est le plus grand poisson capturé par l'animateur ?

Un esturgeon blanc du Fraser, au Canada, estimé à plus de 300 kilos. Le poisson a été mesuré rapidement le long de la coque puis relâché en excellent état.

Quelles sont ses zones de prédilection pour traquer les carnassiers ?

Il voyage partout, de l'Afrique équatoriale à l'Asie du Sud-Est, mais deux terrains reviennent souvent : le Québec, pour le maskinongé, et l'Amazonie, qu'il décrit comme un paradis à cause de la diversité de ses prédateurs.

Comment l'équipe de tournage gère-t-elle la sécurité lors des expéditions ?

Rien n'est laissé au hasard. Des guides locaux, qui connaissent les courants, la météo et la faune sur le bout des doigts, accompagnent systématiquement le tournage. Toute l'équipe est formée aux premiers secours en milieu isolé, parce qu'à des heures de tout hôpital, l'improvisation n'a pas sa place.

Partager l'esprit de l'aventure

Ce que ce type a réussi, c'est de montrer que la pêche sportive n'est pas une affaire de matériel ou de trophée, mais une aventure humaine, faite de doutes, de galères et de moments de grâce face aux éléments. Que vous traquiez le bar sur les rochers bretons ou le thon au large, l'état d'esprit reste le même : rester humble face à la mer, et vouloir partager ce qu'on y vit. Envie d'échanger vos coins secrets ou de trouver un équipage pour votre prochaine sortie ? Allez voir du côté de la communauté ShareMySea, elle n'attend que vous.

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