Hunyvers largue les amarres : comment le roi du camping-car conquiert les pontons
Un camping-car et un bateau, au fond, c'est la même envie : partir. Fermer la porte, larguer les amarres, sentir le vent tourner. Hunyvers, le mastodonte français du véhicule de loisirs fondé en 2006, a fini par se poser la question que tout le monde évitait : pourquoi vendre la liberté sur route et ignorer celle qui flotte ? Sous la houlette de Julien Toumieux et Delphine Bex, ce groupe coté en bourse (ALHUN) a troqué une partie de ses pneus contre des hélices. Résultat : une percée spectaculaire sur les pontons de la façade Atlantique, menée avec la même méthode qui a fait sa fortune sur le bitume.
Du bitume aux pontons : la genèse d'une mutation
Pendant des années, Hunyvers a vécu au rythme des aires d'autoroute. Quinze concessions, plus de quarante-cinq marques au catalogue : le groupe connaît la vie nomade sur le bout des doigts. Puis 2020 arrive, et avec elle une intuition qui va tout changer. Un camping-cariste et un plaisancier cherchent la même chose : la liberté, oui, mais aussi un service après-vente qui ne les laisse pas en rade au premier pépin.
Pascal, habitué des sorties pêche en Bretagne Sud, résume ça mieux que n'importe quelle étude de marché : « J'ai acheté mon semi-rigide chez eux après des années de location. Ce qui change, c'est qu'on n'a pas affaire à un simple vendeur. Il y a une structure derrière, qui gère l'entretien, l'hivernage, le conseil — comme dans une concession auto haut de gamme. Ça rassure, surtout quand on sait ce que coûte une révision de moteur marin. » Vente de neuf et d'occasion, ateliers réactifs, appli CaraMaps pour piloter son parc à distance : la mécanique bien huilée du camping-car s'exporte sans accroc dans le secteur de la plaisance en France, où ce niveau de service reste encore rare.
Une stratégie d'acquisition chirurgicale sur l'Atlantique
Le nautisme est un monde de traditions, de chantiers familiaux, de réputations bâties en trente ans sur un même quai. Hunyvers ne s'est pas amusé à repartir de zéro. Sa méthode : racheter le savoir-faire local plutôt que l'affronter. Et le rythme des acquisitions donne le tournis.
Tout démarre avec le Groupe LBC Nautic, premier point d'ancrage. Suit Pneumarine Services, référence du pneumatique et du hors-bord. Fin 2024, coup plus marquant encore : la reprise des Chantiers Navals du Bassin d'Arcachon, institution locale sur un plan d'eau parmi les plus courus de France. AD Marine rejoint ensuite le groupe, renforçant la présence technique sur le terrain. Et en juin 2026, nouvelle étape : des négociations exclusives s'ouvrent pour racheter 51 % du Groupe IBH. Le message est clair — Hunyvers ne veut pas juste une vitrine sur la côte, il veut mailler tout le territoire. Quatorze concessions maritimes actives aujourd'hui : le poids commercial du groupe dans le nautisme français n'est plus anecdotique.
Des chiffres qui valident le cap malgré la houle économique
Piloter des stocks de véhicules de loisirs en bourse, c'est un peu comme skipper avec deux moteurs différents et une seule barre. L'exercice clos fin août 2025 a mis les équipes de Julien Toumieux à rude épreuve. Le marché du camping-car, encore en train de digérer l'après-Covid, a forcé le groupe à dégonfler ses stocks terrestres pour préserver sa trésorerie. Chiffre d'affaires annuel : 122,7 millions d'euros, en repli de 5,9 %. Un recul assumé, pas subi.
La vraie preuve arrive au semestre suivant, clos fin février 2026. Chiffre d'affaires : 47,6 millions d'euros, en baisse de seulement 2,2 %. La branche nautique a fait le job d'amortisseur qu'on attendait d'elle : pendant que le terrestre finit sa mue, les ventes de coques open, de cabines et de prestations associées tirent l'ensemble vers le haut. Deux saisonnalités qui se compensent, un groupe qui encaisse moins les à-coups du cycle économique. C'est exactement le calcul que fait un investisseur qui diversifie son portefeuille — sauf qu'ici, le portefeuille, ce sont des bateaux et des vans.
Le service technique au cœur de la fidélisation
Vendre un bateau, n'importe qui peut essayer. Le réparer un dimanche soir avant un départ en croisière, c'est une autre paire de manches. Dans un port, la réputation d'un chantier se joue souvent sur ce détail : la pompe de cale qui lâche, l'alternateur qui refuse de charger la veille du grand départ. Hunyvers a compris que ses ateliers, pas ses show-rooms, feraient sa rentabilité de demain. D'où le recrutement de techniciens capables de mettre les mains dans une motorisation complexe ou dans l'électronique de bord la plus pointue.
Ce soin apporté au service après-vente crée quelque chose de rare dans le nautisme : de la confiance sur la durée. Préparer un bateau neuf avant sa mise à l'eau, redonner vie à une occasion bien choisie — les process industriels du camping-car, importés tels quels, font mouche. Résultat pour le plaisancier : moins de temps passé à chercher un mécanicien disponible dans les ports de plaisance les plus fréquentés, plus de temps sur l'eau. C'est tout ce qu'on demande, au fond.
FAQ : Tout savoir sur le positionnement d'Hunyvers
Quelle est l'origine du groupe Hunyvers et sa spécialité historique ?
Fondé en 2006, Hunyvers s'est d'abord fait un nom dans la distribution de camping-cars et de vans aménagés. Le groupe gère aujourd'hui quinze concessions terrestres et plus de quarante-cinq marques au catalogue.
Comment s'est opérée la diversification vers le secteur maritime ?
Tout commence en 2020, avec une série de rachats ciblés sur la façade Atlantique : LBC Nautic, Pneumarine Services, AD Marine, les Chantiers Navals du Bassin d'Arcachon, puis des négociations en cours avec le Groupe IBH.
Quel est le poids financier de l'entreprise sur les derniers exercices ?
122,7 millions d'euros de chiffre d'affaires sur l'exercice clos en août 2025. Puis 47,6 millions d'euros sur le premier semestre clos en février 2026 — un semestre porté par la belle dynamique de la branche nautique.
Partagez votre passion du large
Cette diversification raconte une chose simple : l'envie de liberté ne s'arrête pas au bitume, elle continue sur l'eau. Que vous soyez du genre à peaufiner l'entretien de votre moteur ou à chercher un équipier pour la prochaine sortie, la communauté existe déjà. Direction les membres de la communauté ShareMySea — et si vous n'y êtes pas encore, la question, c'est plutôt : qu'est-ce que vous attendez pour larguer les amarres ?
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