Louis Burton : l'hussard de Saint-Malo à la conquête de l'Everest des mers
Un tempérament de feu taillé pour le Grand Sud
Quand on évoque Louis Burton, une image vient immédiatement à l'esprit : celle d'un marin généreux, capable d'attaquer pied au plancher dans les mers australes sans jamais baisser les bras. À seulement 39 ans, le skipper malouin affiche déjà une maturité impressionnante et s'apprête à disputer son quatrième Vendée Globe consécutif. Troisième sur le podium de la mémorable édition 2020-2021, il a montré toute l'étendue de sa hargne et de son sens tactique.
Pourtant, le chemin vers les sommets de la course au large n'a rien eu d'un long fleuve tranquille. Ces dernières saisons ont été marquées par une série noire qui aurait pu décourager plus d'un marin : deux démâtages consécutifs lors de la Transat Jacques Vabre 2021 puis sur la Route du Rhum 2022. Mais le navigateur n'est pas du genre à quitter le navire au premier coup de vent. À force de persévérance et de travail acharné avec son équipe technique basée à Saint-Malo, il a su remettre son 60 pieds en ordre de marche et enchaîner les qualifications réussies pour aborder cette nouvelle boucle autour du monde armé de légitimes ambitions.
Des démâtages aux podiums : itinéraire d'un marin coriace
L'histoire entre Louis Burton et l'Everest des mers débute en 2012. Alors benjamin de l'épreuve, il doit abandonner prématurément après une collision avec un chalutier au large des côtes espagnoles. Loin de se décomposer, il revient quatre ans plus tard à la barre d'un monocoque à dérives droites et décroche une très solide 7e place au terme d'une trajectoire d'une régularité exemplaire.
C'est véritablement lors de l'hiver 2020-2021 que le Malouin d'adoption bascule dans une autre dimension. Propulsé sur l'ancien foiler vainqueur du Tour du Monde quatre ans plus tôt, il réalise un retour fracassant. Malgré une avarie majeure de gréement et de rail de grande voile au milieu de l'océan Indien, il s'isole sous le vent de l'île Macquarie pour réparer seul au mouillage. Une manœuvre titanesque, grimpant à plus de vingt mètres de hauteur dans le froid austral, avant de repartir le couteau entre les dents. Résultat : une remontée fantastique sur la tête de flotte et une troisième place historique à Les Sables-d'Olonne.
Tout comme son confrère Sébastien Simon, il sait à quel point la classe IMOCA peut se montrer impitoyable sur le plan mécanique. « Ces bateaux demandent un engagement physique et mental total. Quand la mâture cède, c'est tout votre univers qui s'effondre en quelques secondes. Il faut ravaler la frustration, retrousser ses manches et recommencer », confiait-il récemment au ponton de la cité corsaire.
Bureau Vallée 3 : un foiler à étrave scow taillé pour les sommets
Pour cette nouvelle campagne océanique, le skipper s'appuie sur une machine d'exception : l'ancien L'Occitane en Provence imaginé par l'architecte Sam Manuard. Rebaptisé Bureau Vallée 3, cet IMOCA à la silhouette singulière se distingue par son étrave de type "scow" spatulée et très volumineuse, conçue pour déjauger rapidement et passer dans la mer formée sans enfourner.
Doté de foils imposants, le voilier a subi plusieurs chantiers d'optimisation pour renforcer sa structure et fiabiliser ses systèmes électroniques et hydrauliques. Rapide aux allures arrivées, redoutable dans le mauvais temps, le bateau a prouvé tout son potentiel lors des courses estivales et des stages d'entraînement à Port-la-Forêt. Si la méteo marine se montre capricieuse lors de la descente de l'Atlantique, Louis sait qu'il dispose d'une arme capable de faire parler la poudre dès que le vent mollira ou fraîchira brusquement.
Une histoire de fidélité et d'esprit d'équipe
Dans un univers nautique où les partenariats se font et se défont au gré des cycles économiques, la relation entre le navigateur et son sponsor principal fait figure d'exception. Depuis plus de treize ans, l'enseigne de fournitures de bureau soutient contre vents et marées le projet porté par la structure familiale fondé avec son épouse, la navigatrice Servane Escoffier.
Cette stabilité financière et humaine permet d'aborder les défis avec une sérénité précieuse. L'écurie met également un point d'honneur à promouvoir des pratiques écoresponsables au quotidien : reconditionnement des pièces d'accastillage, réduction de l'empreinte carbone lors des convoyages et sensibilisation des jeunes générations à la protection des océans. Sur la plateforme des passionnés du large comme chez notre communauté de membres ShareMySea, cette vision solidaire et authentique de la voile trouve un écho tout particulier.
Foire aux questions sur Louis Burton
Quel est le meilleur résultat de Louis Burton sur le Vendée Globe ?
Son meilleur résultat est une remarquable 3e place obtenue lors de l'édition 2020-2021 à bord de Bureau Vallée 2, franchissant la ligne d'arrivée quelques heures seulement après le vainqueur Yannick Bestaven.
Quel est le modèle du voilier IMOCA de Louis Burton ?
Il barre Bureau Vallée 3, un IMOCA plan Sam Manuard mis à l'eau en 2020 (ex-L'Occitane en Provence). Ce bateau est caractérisé par sa carène à étrave scow arrondie et ses foils géants.
Où est basée l'écurie de course de Louis Burton ?
L'équipe technique et la structure de course au large de Louis Burton sont installées à Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, port d'attache emblématique du skipper et départ historique de la Route du Rhum.
Prêt à embarquer pour les plus belles aventures maritimes ?
L'audace et la ténacité de skippers comme Louis Burton nous rappellent pourquoi la mer nous fascine tant. Que vous soyez skipper confirmé préparant une traversée ou simple passionné désireux de partager une sortie à la journée, la mer est encore plus belle lorsqu'elle se partage. Rejoignez dès aujourd'hui la communauté ShareMySea pour échanger vos conseils, trouver des coéquipiers ou proposer vos sorties en bateau le long de nos magnifiques littoraux.
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