Sébastien Simon : la rigueur de l'ingénieur, l'âme du sablais face aux défis de l'IMOCA
Des vagues des Sables-d'Olonne au sommet de la course au large
Enfant des Sables-d'Olonne, Sébastien Simon a appris la mer là où d'autres apprennent à marcher. Avec son diplôme d'ingénieur de l'INSA Lyon en poche et sa victoire sur la Solitaire du Figaro en 2018, ce Vendéen incarne une génération de marins aussi à l'aise devant des équations de structure que barre en main dans la baston. Après la désillusion cruelle de son abandon lors du Vendée Globe 2020 sur casse matérielle, le skipper est revenu sur le devant de la scène avec une détermination décuplée. À la barre de Groupe Dubreuil, un IMOCA affûté pour la gagne, il transforme chaque mille nautique en un terrain d'excellence calculée.
Loin des récits purement romantiques de marins guidés par les seuls astres, la trajectoire de Sébastien Simon repose sur un savant mélange d'intuition saline et de cartésianisme. Formé à l'école exigeante du dériveur puis de la course en flotte restreinte, le Sablais s'est rapidement imposé comme un stratège redoutable. Sa victoire sur le circuit Figaro n'était pas un simple coup d'éclat, mais l'aboutissement d'un travail méthodique où rien n'a été laissé au hasard. À l'image du parcours d'autres grands talents comme Clarisse Crémer, le passage par la monotypie a forgé sa capacité à naviguer au contact, sous une pression permanente où la moindre hésitation se paye en dizaines de milles au pointeur satellite.
L'épreuve du feu : de la fortune de mer à la reconstruction
Décembre 2020. Dans la solitude de l'océan Indien, le rêve s'effondre subitement. Alors qu'il pointe dans le groupe de tête pour son premier tour du monde en solitaire à bord d'Arkéa Paprec, un choc violent avec un objet flottant non identifié endommage gravement son foil tribord et le puits de foil. Les dégâts structurels contraignent l'ingénieur-skipper à jeter l'éponge. Abandonner sur cette épreuve qui s'élance depuis sa ville natale constitue l'un des traumatismes les plus lourds pour un marin. Mais dans la culture navale, le renoncement forcé sert souvent de ciment aux victoires futures.
Plutôt que de baisser les bras, Sébastien Simon analyse froidement l'enchaînement des événements, tire les leçons techniques et reconstruit son projet. L'opportunité se précise grâce à l'engagement du Groupe Dubreuil, acteur économique majeur de l'Ouest, qui décide d'investir à ses côtés. Ensemble, ils font l'acquisition de l'ancien foiler américain 11th Hour Racing Team – un plan Guillaume Verdier réputé pour sa solidité et sa polyvalence, tout juste victorieux de The Ocean Race. Un outil d'exception, parfaitement taillé pour affronter les mers du Sud.
Une machine de pointe pilotée avec la précision d'un ingénieur
À bord de son monocoque de 60 pieds de dernière génération, le skipper déploie une méthode presque chirurgicale. La préparation d'un IMOCA à foils exige aujourd'hui autant de compétences informatiques, aéronautiques et mécaniques que de sens marin pur. Sébastien ne se contente pas de barrer : il dialogue en permanence avec les architectes, affine le comportement des appendices sous charge et optimise le fonctionnement des pilotes automatiques.
Sur des courreaux tumultueux ou au cœur du Grand Sud, faire voler une telle machine à plus de trente nœuds exige un contrôle permanent. Dans la lignée de marins engagés comme Damien Seguin, qui poussent leurs montures avec une rigueur absolue, Sébastien Simon combine endurance athlétique et traitement de données pour rivaliser avec les structures les plus aguerries du circuit ocean racing.
Méthode, météo et vision du large
Ce travail scientifique s'exprime avec force dans la préparation Météo. Avant chaque traversée transatlantique ou épreuve du Championnat IMOCA Globe Series, le skipper passe de longues heures à décortiquer les fichiers GRIB, les champs de pression et les modèles de vague, cherchant la trajectoire idéale qui permettra de faire parler la poudre sans mettre en péril la structure de son bateau. Pour les passionnés de voile qui aiment scruter les cartes avant de larguer les amarres, jeter un œil à notre module de météo marine permet de toucher du doigt la finesse d'analyse exigée à ce niveau de compétition.
Le palmarès de Sébastien Simon témoigne d'ailleurs de cette constance dans la performance : champion de France de course au large, vainqueur de la Solitaire du Figaro, vainqueur de la Bermuda 1000 Race et régulièrement placé aux avants-postes des grandes classiques comme la Transat Jacques Vabre. Chaque ligne à son CV valide une démarche où la rigueur intellectuelle nourrit l'engagement physique sur le pont.
Foire aux questions sur Sébastien Simon
D'où Sébastien Simon est-il originaire ?
Sébastien Simon est originaire des Sables-d'Olonne en Vendée. C'est sur ce plan d'eau emblématique qu'il a effectué ses premiers bords dès son plus jeune âge avant de monter en puissance dans les filières de voile légère puis d'habitable.
Quel est le bateau actuel de Sébastien Simon ?
Il barre l'IMOCA Groupe Dubreuil, un soixante pieds à foils dessiné par le cabinet d'architectes Guillaume Verdier. Il s'agit du plan qui a remporté The Ocean Race sous le nom de Mālama avec l'équipe américaine 11th Hour Racing Team.
Quelle est la formation du skipper vendéen ?
En parallèle de son parcours de sportif de haut niveau, Sébastien Simon est titulaire d'un diplôme d'ingénieur en génie mécanique obtenu à l'INSA de Lyon, une compétence précieuse pour le développement et la fiabilité des voiliers de course modernes.
Partager l'esprit de la mer
Sébastien Simon incarne cette voile moderne où la donnée chiffrée sert la passion brute du large. Qu'il s'agisse de régler un voilier d'exception ou de préparer une simple navigation côtière, l'océan reste une aventure humaine qui gagne à être partagée. Vous souhaitez trouver des coéquipiers pour vos navigations, échanger des retours d'expérience ou simplement partager votre amour du littoral ? Rejoignez la communauté des passionnés sur notre espace membres ShareMySea et prenez le large ensemble.
Pour aller plus loin
À lire aussi

Éric Tabarly : le marin en pull qui a inventé la course au large moderne
Timide, taiseux, obsédé par la mer : Éric Tabarly a réinventé la voile de compétition à coups d'aluminium, de foils et de victoires arrachées dans la tempête. Portrait d'un homme qui a tout changé.
Lire l'article →
Marie Gendron : du projet d'études aux "joutes très physiques" du Figaro 3
De la construction de son tout premier prototype sur les bancs de l'IUT aux confrontations exigeantes du circuit Figaro, itinéraire d'une navigatrice-ingénieure déterminée et résiliente.
Lire l'article →Samantha Davies : la grande dame du large au grand cœur
De ses premiers pas sur le voilier familial aux déferlantes des mers du Sud, Samantha Davies impose sa silhouette souriante et son sens tactique sur le circuit IMOCA. Portrait d'une navigatrice d'exception dont chaque course permet de sauver des enfants.
Lire l'article →Louis Burton : l'hussard de Saint-Malo à la conquête de l'Everest des mers
À seulement 39 ans, Louis Burton prend le départ de son quatrième Vendée Globe. Retour sur le parcours d'un marin coriace, revenu au sommet après deux démâtages spectaculaires.
Lire l'article →