
Marie Gendron : du projet d'études aux "joutes très physiques" du Figaro 3
Du dessin industriel à la résine : une vocation née sur un coup de tête
Quand on recroise Marie Gendron sur les pontons de Lorient La Base, le visage balayé par l'air salin et l'œil déjà rivé sur les fichiers de vent du golfe de Gascogne, difficile de ne pas se souvenir des débuts. Chez ShareMySea, cette énergie communicative et cet engagement sans artifice, nous les avions décelés dès ses premiers bords sur le circuit Mini 6.50, lorsque nous avions eu le coup de cœur d'épauler ses premières campagnes. À l'époque, la jeune femme cherchait à transformer des lignes de calculs universitaires en une vraie carène capable de fendre la houle.
Née le 3 avril 1992, Marie n'a pas suivi le parcours classique des marins nés dans un berceau d'acajou. C'est en 2012, lors de sa formation en IUT, que le déclic se produit. Alors que l'exercice pédagogique consiste uniquement à dessiner un voilier sur ordinateur, sa nature d'entrepreneure prend le dessus. Fédératrice en diable, elle embarque la moitié de sa promotion dans un pari fou : fabriquer pour de vrai « un bateau qui va vite ». Ce diplôme d'ingénieure en poche, elle valide non seulement ses compétences techniques, mais scelle surtout son destin maritime. Cap vers la Bretagne et Lorient, véritable ruche de la course au large, pour transformer l'essai.
La saga Mini 6.50 : le laboratoire des victoires et de la hargne
Entrée par la grande porte des « ministes » dès 2017, Marie Gendron s'est forgé un mental d'acier sur ces coquilles de noix survitaminées. Sur le circuit Mini, pas d'assistance informatique sophistiquée ni de confort moderne : le marin fait tout, de la stratification du carbone aux arbitrages stratégiques en pleine nuit. C'est au barreur de ressentir le moindre frémissement de sa monture.
À bord de « Martine », son second prototype de Mini 6.50 conçu sur-mesure, la skippeuse enchaîne les performances d'éclat. La saison 2023 marque un tournant majeur. Après une 4ème place au Pornichet Sélect et un podium au Trophée MAP, elle s'attaque à l'Atlantique lors de la mythique Mini Transat. Résultat : une 3ème place mémorable sur la deuxième étape et une superbe 4ème position au classement général final. En 2024, la consécration se confirme avec une victoire indiscutable sur la Mini en Mai, suivie d'une 2ème place au Trophée Marie-Agnès Péron et d'un podium sur Les Sables-Les Açores. Elle décroche une magnifique 3ème place au Championnat de France de Course au Large en Solitaire dans la catégorie Proto. Un parcours d'excellence qui n'est pas sans rappeler la hargne d'autres grandes figures féminines du large, à l'image du parcours de Clarisse Crémer sur le Vendée Globe.
Cap sur le Figaro 3 : l'exigence de la monotypie stricte
Fort de ce bagage technique et humain impressionnant, le virage vers la classe Figaro 3 s'impose naturellement. Passer du prototype Mini — où chaque skipper peut modifier sa carène et son plan de voilure — au Figaro 3 implique un changement de logiciel radical. Ici, les bateaux sont strictement identiques. La différence ne se fait plus dans le chantier naval, mais exclusivement sur l'eau : au réglage d'écoute près, à la finesse de barre et à la lucidité sous sommeil contraint.
Désormais aux commandes de KEREIS SNCF Voyageurs, Marie aborde ce nouveau chapitre avec la méthode d'ingénieure qui la caractérise. Sa première année est consacrée à l'apprivoisement des foils, de la monotypie et du rythme infernal des étapes de 48 à 72 heures sans dormir. Entourée de partenaires fidèles — Kéréis, SNCF Voyageurs, Léa Nature et Evocime —, elle enchaîne les confrontations intenses. Après des armes aiguisées sur le Trophée Laura Vergne (4ème en double avec Jacques Delcroix) ou la Solo Maître CoQ (15ème), elle prend la mesure de la difficulté sur des épreuves références comme la Solo Guy Cotten ou la Solitaire du Figaro Paprec. Chaque mille parcouru nourrit sa courbe de progression avec une assiduité constante.
Une vision collaborative de la mer
Ce qui frappe chez Marie Gendron, au-delà des lignes de son palmarès, c'est sa capacité à fédérer autour de son projet. Ingénieure, préparatrice, entrepreneure et navigatrice, elle incarne cette génération de marins complets qui savent que la performance en solitaire reste le fruit d'une aventure collective. Une philosophie du partage qui résonne particulièrement au sein de notre communauté nautique, où l'entraide entre marins et l'envie de naviguer ensemble priment sur les pontons. N'est ce pas notre "baseline" et l'essence même de notre nom : ShareMySea, "La mer est plus belle quand on la partage".
Pour suivre le parcours de marins passionnés ou dénicher un embarquement le temps d'une sortie côtière, n'hésitez pas à consulter nos annonces de co-navigation et à échanger directement avec d'autres amoureux de la Grande Bleue sur notre réseau des membres ShareMySea.
FAQ : Tout savoir sur Marie Gendron
Quel est le parcours de formation de Marie Gendron ?
Marie Gendron possède une formation d'ingénieure. C'est durant ses études en IUT en 2012 qu'elle a mobilisé ses camarades pour fabriquer le premier voilier qu'elle devait initialement se contenter de concevoir sur le papier.
Sur quel bateau navigue Marie Gendron aujourd'hui ?
Après plusieurs saisons couronnées de succès sur le circuit Mini 6.50 à bord de son prototype « Martine », elle navigue désormais en Figaro 3 sous les couleurs de KEREIS SNCF Voyageurs.
Quel est le port d'attache de la skippeuse ?
Marie Gendron est installée à Lorient, au cœur de la « Sailing Valley » bretonne, lieu stratégique pour s'entraîner aux côtés des meilleurs marins de course au large.
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