Le First 31.7 sous toutes ses coutures : genèse, fiche technique et budget d'occasion
Au départ d'une régate de club sous spinnaker, ou tranquillement au mouillage dans une crique abritée, ce monocoque de neuf mètres et demi ne passe jamais inaperçu. Il a cette silhouette qu'on reconnaît de loin, celle des bateaux qui ont marqué leur époque.
Lancé à la fin des années 1990 par le chantier Beneteau, le First 31.7 a conquis toute une génération de passionnés en réunissant deux mondes qui se parlent rarement : la vitesse brute d'une carène de course et le confort sobre d'un voilier de croisière côtière.
Aujourd'hui, il reste l'un des modèles les plus recherchés du marché de l'occasion — et l'un de ceux qui suscitent le plus de questions techniques. Pedigree marin, qualités architecturales, budget réel : voici ce qu'il faut savoir sur cette unité devenue mythique.
Genèse et histoire : la naissance d'un mythe des pontons
L'héritage direct du Figaro Solo et la pâte Finot-Conq
Tout commence en 1998. Le constructeur vendéen veut renouveler sa gamme de bateaux performants autour de trente pieds, et confie le dessin des formes au cabinet d'architectes navals Finot-Conq. La feuille de route ne manque pas d'ambition : reprendre la carène redoutable du Figaro Beneteau, éprouvée en course au large, et l'adapter à une production de série grand public.
Cette filiation directe avec la course au large donne au bateau une légitimité qu'aucun argument marketing ne pourrait fabriquer. Les lignes d'eau tendues, le bouchain discret sur l'arrière, le rouf profilé en sifflet : tout dans son dessin respire la vitesse, sans sacrifier un passage fluide dans la houle. Au niveau de la jonction pont-coque, une fargue solide en acajou massif protège les pieds des équipiers lors des allers-retours sur la plage avant — précieuse quand le pont est mouillé et que ça bouge.
Une popularité jamais démentie en régate comme en croisière
La formule fait mouche dès la sortie des ateliers. Les comités de course et les cercles de marins l'adoptent presque immédiatement pour structurer des régates en monotypie. Sa bonne tenue en jauge handicap lui permet de truster les podiums des compétitions locales et nationales, saison après saison.
Produit à environ 1500 exemplaires entre 1998 et 2010, le modèle envahit rapidement les bassins nautiques de l'Atlantique et de la Méditerranée. Skippers amateurs et marins chevronnés y trouvent un formidable terrain d'apprentissage : régler la finesse d'un gréement, maîtriser la conduite sous spi, perfectionner le matelotage. C'est cette dualité rare — un croiseur familial capable de se transformer en coursier redoutable chaque week-end — qui explique sa longévité de réputation.
Fiche technique et architecture nautique du First 31.7
Dimensions, carène et gréement performant
Les chiffres racontent une bonne partie de l'histoire. La coque affiche une longueur de 9,50 mètres pour une largeur (maître-bau) de 3,23 mètres. Le tirant d'eau varie selon la version de quille : 1,90 mètre en grand tirant d'eau, 1,45 mètre en petit tirant d'eau. Le déplacement tourne autour de 3,6 tonnes.
Côté voilure, la grand-voile développe 24,70 m² et le génois 28,70 m², complétés par un spinnaker symétrique de 70 m² pour les allures portantes. Le mât est en aluminium, emplanté au fond du bateau — un choix qui offre une structure homogène et particulièrement rigide, avec deux étages de barres de flèches. La propulsion auxiliaire est assurée par un moteur Yanmar ou Volvo Penta, développant entre 19 et 21 chevaux selon les séries.
Un point mérite votre attention si vous inspectez un First 31.7 : la coque est construite en fibre de verre polyester avec une structure contre-moulée. C'est un procédé qui donne de bons résultats en navigation courante, mais qui peut se révéler fragile en cas de talonnage ou d'échouage. Autant le savoir avant de chercher une place au mouillage un peu trop près des cailloux.
Aménagements intérieurs : la simplicité fonctionnelle
Sous le pont, l'agencement mise sur l'ergonomie plutôt que sur le superflu. Deux cabines doubles encadrent un carré central équipé de banquettes longitudinales, pour un total de six couchages possibles. Les boiseries en acajou apportent une chaleur intemporelle aux cloisons — rien à voir avec le plastique blanc aseptisé de certains croiseurs récents.
L'organisation intérieure va droit au but : une table à cartes volumineuse face à la route, un coin cuisine en L à bâbord, un cabinet de toilette séparé à l'arrière. Rien de superflu, mais tout ce qu'il faut pour tenir plusieurs jours à bord sans se marcher dessus.
Comportement en mer et sensations de barre
Réactivité aux réglages et comportement au près
Dès les premiers milles hors du port, la sensibilité de la barre saute aux yeux. La moindre sollicitation du safran se traduit par une réponse immédiate de la carène — on sent le bateau, littéralement. Au près serré dans une brise établie, il gîte promptement avant de se caler sur son bouchain et de filer, avec un passage étonnamment doux dans le clapot.
Ce caractère vif a un revers : il demande une attention constante aux écoutes. Dans les rafales, un chariot de grand-voile mal réglé ou un pataras trop lâche peut provoquer un départ au lof brutal. Pour tirer le meilleur de cette monture sans épuiser l'équipage, mieux vaut arriver avec un minimum de bagage technique — l'occasion de faire le point sur votre CV nautique et votre expérience de skipper avant de prendre la barre pour une longue traversée.
Vie du pont et navigation en équipage
Le cockpit a été pensé par des régatiers, pour des marins qui veulent que chaque manœuvre se fasse sans hésitation. Winches d'écoute bien disposés, drosses et drisses regroupées au niveau du piano : on envoie le spinnaker symétrique dans une mer formée sans se battre avec le bateau.
Au mouillage, l'espace se montre plus sobre que sur les voiliers de croisière pure de dernière génération — logique, ce n'est pas sa vocation première. Mais l'ergonomie des passavants et la présence du rouf en sifflet sécurisent bien les déplacements des équipiers, même par mer un peu formée. C'est l'unité rêvée pour des sorties sportives ou des croisières partagées entre passionnés. Pour trouver ce genre d'équipage, un tour du côté de la liste des membres marins peut suffire à former un bord homogène et réactif.
Budget, marché de l'occasion et inspection technique
Cote actuelle et dépenses d'entretien
Plus de vingt-cinq ans après son lancement, ce classique continue de faire l'unanimité chez les amateurs de croiseurs-racers sur le marché de la seconde main.
Au-delà du prix d'achat, il faut budgétiser l'entretien courant : manutention, carénage annuel, assurance maritime, renouvellement régulier des cordages et des voiles. C'est un investissement raisonnable pour accéder à un voilier réactif, capable d'avaler les milles sans faiblir.
Les points clés à contrôler avant de signer
Au moment de faire le tour du propriétaire, certains points d'usure méritent une vigilance particulière. Le lest en fonte impose de vérifier soigneusement les boulons d'assemblage et la varangue : une simple rouille de surface peut cacher des infiltrations au niveau de la jonction coque-quille. Sur la structure contre-moulée du First 31.7, cette zone mérite un œil d'autant plus attentif qu'un choc ancien peut avoir laissé des traces invisibles au premier regard.
Le gréement dormant, souvent sollicité en régate intensive, réclame une inspection poussée de l'état des haubans et du mât. Il faut aussi contrôler le jeu de la mèche de safran et éplucher les carnets d'entretien du moteur.
Avant de vous engager financièrement, faites-vous accompagner : notre guide sur l'importance d'un expert maritime lors d'un achat d'occasion détaille toutes les étapes décisives. Et pour dénicher de nouvelles opportunités, direction nos annonces nautiques.
Le First 31.7 est-il recommandé pour un navigateur débutant ?
Sa réactivité et sa sensibilité à la barre pardonnent moins les erreurs d'inattention qu'un voilier de croisière tranquille. Un débutant motivé peut progresser très vite à son bord, à condition de commencer par des sorties par mer calme ou aux côtés d'équipiers expérimentés.
Combien d'équipiers peuvent voyager confortablement à bord ?
L'aménagement propose deux cabines fermées et un carré offrant six couchages théoriques, une capacité qui permet d'envisager des sorties en famille ou entre amis sans se sentir à l'étroit.
Quelle est la vitesse moyenne de ce voilier en navigation ?
Réputé rapide et réactif, le First 31.7 sait tirer parti de sa carène de course pour avaler les milles sans forcer dès que le vent se lève, tout en restant maniable dans les conditions plus modestes.
Cap sur le large
Ce voilier né à la fin des années 1990 n'a rien perdu de sa fraîcheur sur le plan d'eau. Il s'adresse à ceux qui aiment border un ciseau d'écoute au millimètre, sentir le retour d'information dans la barre, et tailler la route vers le large sans transiger sur la sécurité.
Alors, prêt à étarquer les drisses et à tirer de beaux bords lors de vos prochaines sorties ? Rejoignez les marins de ShareMySea pour échanger vos avis, dénicher de bonnes occasions et organiser vos prochaines navigations.
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