Jeanneau Merry Fisher 695 : essai, fiche technique et budget du weekender roi

31 juillet 2026
6 min de lecture

Tu le croises sur presque toutes les cales de mise à l’eau du littoral français. Un coup d’œil sur sa silhouette trapue, sa baie vitrée arrière coulissante et ses larges vitrages de coque suffit : la vedette française de six à sept mètres s’est imposée comme la référence absolue du cabotage familial.

Pour comprendre un tel engouement, il faut remonter le fil d’un concept imaginé il y a plusieurs décennies et observer comment un plan d’eau se transforme dès que l'on tourne la clé de contact. Installe-toi au carré avec un café, on passe au crible la fiche technique, la vie à bord et les coûts réels d’utilisation de ce canot emblématique.

Une lignée née sous le signe du cabotage

Contrairement à une idée reçue répandue sur les pontons, l'appellation de cette gamme mythique ne découle pas d’une humeur particulièrement joyeuse au moment de concevoir la première unité en 1987. Selon les archives des chantiers navals, la dénomination rend hommage à son designer originel, Merry de la Poëze. Plus de 30 000 unités plus tard, la marque vendéenne Jeanneau a transformé un rustique timonier de pêche-promenade en un véritable cocon de croisière côtière.

Le Merry Fisher 695 a marqué un tournant important dès son lancement en septembre 2014, séduisant plus de 1 400 propriétaires à travers le monde avant de céder la place à sa version Série 2. L'objectif de la marque était clair : reprendre l'ensemble des qualités nautiques et la robustesse du modèle original tout en intégrant le style dynamique et la modularité des unités supérieures. Résultat ? Une polyvalence taillée pour sortir par tous les temps, que l'on souhaite jeter une ligne de traîne au cœur de l'hiver ou emmener toute la tribu se baigner au mois d'août.

Fiche technique et comportement marin : l'analyse au millimètre

Sur le papier, les cotes de ce timbre-poste des mers sont pensées pour faciliter la vie du marin, au port comme sur la route. La longueur hors tout s'établit à 6,71 mètres sans options, mais elle grimpe à 7,45 mètres lorsqu'on l'équipe des longues plateformes de bain rapportées à l'arrière.

La longueur de coque pure affiche quant à elle 6,45 mètres. Avec une largeur hors tout contenue à 2,54 mètres, le bateau conserve précieusement son statut de vedette transportable sur remorque routière double essieu, sans imposer de convoi exceptionnel ou de démarches administratives complexes.

Côté tirant d'eau, la dérive ou l'embase ne descendent qu'à 0,50 mètre sous la ligne de flottaison. C'est la garantie de pouvoir s'approcher au plus près du sable ou d'explorer les zones peu profondes sans la peur au ventre. Le tirant d'air s'élève à 2,31 mètres, ce qui permet de passer sous la majorité des ponts des canaux côtiers. À vide et sans bloc moteur, la pesée affiche un poids mesuré de 1 625 kilogrammes.

La capacité du réservoir de carburant s'élève à 170 litres. C'est une réserve généreuse qui offre une autonomie suffisante pour aligner de longues navigations sans guetter la jauge à chaque changement de cap. Dessinée en V évolutif à la fois large et stable, la carène fend le clapot court avec une aisance remarquable.

L'étrave passe la mer en douceur, évitant aux passagers les retombées brutales et les coups de bélier répétitifs lorsque la brise thermique se lève en milieu d'après-midi. À l'instar des sensations relevées lors de notre essai du Cap Camarat 6.5, l'équilibre à l'arrêt garantit un confort rassurant au mouillage pour les enfants qui sautent à l'eau comme pour les pêcheurs en train de monter leurs bas de ligne.

Aménagement du pont et de la timonerie : le sens du détail pratique

Dès que l'on monte à bord par la plateforme de poupe, la fluidité des déplacements saute aux yeux. Le cockpit arrière propose un grand carré en U modulaire qui se métamorphose en un clin d’œil en un vaste bain de soleil pour la sieste. La banquette coulissante arrière illustre le pragmatisme des architectes navals : elle glisse vers l'avant sur un rail métallique pour permettre de relever entièrement le moteur hors-bord hors de l'eau. Cela préserve l'hélice et l'embase de la salissure et du concrétionnement marin lorsque le bateau reste amarré plusieurs semaines au port.

En franchissant la large baie coulissante vitrée, l'absence de marche haute élimine le risque de trébucher. La timonerie baigne dans une lumière naturelle abondante grâce aux vitrages de coque et aux fenêtres latérales enveloppantes. La vue sur la mer est dégagée à 360 degrés, offrant au barreur une parfaite visibilité sur le balisage et les navires environnants. La position de conduite s’avère très ergonomique, assis sur un siège baquet confortable ou debout appuyé contre l'assise relevable, les yeux rivés sur l'horizon ou sur l'écran du combiné GPS-sondeur.

À bâbord de la timonerie, le carré intérieur accueille quatre personnes autour d'une table en bois. Le système est astucieux : en basculant l'assise du banc avant, la banquette devient immédiatement un siège passager orienté face à la route pour observer la navigation. Sous le pont avant, la cabine abrite un couchage double d'appoint idéal pour passer une nuit à l'abri au mouillage.

Le volume disponible sous le lit permet d'emmagasiner brassières de sauvetage, par battages, glacière et sacs d'armement sans jamais encombrer l'espace de vie. Un compartiment séparé recevant un WC marin apporte l'intimité indispensable pour prolonger les escales sur plusieurs jours.

Motorisation, budget d'entretien et marché de l'occasion

Pour mouvoir cette unité habitable, les chantiers recommandent généralement une puissance de 150 chevaux en hors-bord (souvent fournie par des blocs Yamaha, Honda ou Suzuki). Cette cavalerie constitue le compromis idéal entre un déjaugeage rapide sans cabrage excessif, une vitesse de croisière située entre 18 et 22 nœuds, et une consommation de carburant contenue. L'architecture hors-bord simplifie considérablement les opérations d'hivernage et réduit les coûts de maintenance par rapport aux transmissions In-board traditionnelles.

Posséder une vedette de ce gabarit offre un avantage financier indéniable : la possibilité de stocker le bateau sur sa remorque au sec pendant la basse saison. Cette option permet de réaliser d'importantes économies sur le coût des carénages annuels et d'éviter les listes d'attente interminables pour l'obtention d'un anneau de port permanent. De plus, le coût de l'assurance maritime reste modéré pour cette catégorie de puissance.

Sur le marché de la seconde main, ce modèle bénéficie d'une cote d'occasion extrêmement soutenue en raison de sa réputation de fiabilité. Avant de signer un chèque d'acompte auprès d'un particulier, prenez le temps d'inspecter l'historique d'entretien du moteur. Demandez au vendeur le rapport d'expertise informatique imprimé par un mécanicien agréé : ce document retrace le nombre d'heures exactes parcourues à chaque plage de régime et signale les alarmes thermiques ou de pression d'huile passées.

Pensez également à vérifier le bon fonctionnement de la direction hydraulique, la présence d'un coupe-circuit fonctionnel et l'installation d'un antivol de moteur homologué, souvent exigé par les assureurs. En cas de doute sur la structure ou la présence d'osmose, il est vivement conseillé de faire appel à un expert pour un achat d'occasion. N'hésitez pas à parcourir régulièrement les annonces partagées entre marins pour repérer les bonnes affaires au juste prix.

Foire aux questions

Quel permis bateau faut-il pour piloter ce modèle ?

Le permis plaisance option côtière est obligatoire pour prendre le volant de cette unité, car la puissance du moteur dépasse largement le seuil légal de 6 chevaux. Si vous envisagez de naviguer à plus de 6 milles d'un abri, vous devrez détenir le permis hauturier.

Est-il facile de tracter ce timonier sur la route ?

Avec sa largeur de 2,54 mètres, le navire respecte le gabarit routier standard sans nécessiter de demande d'autorisation spéciale. Il faut toutefois disposer d'un véhicule tracteur puissant avec une capacité de remorquage d'au moins 2,2 tonnes et posséder le permis de conduire adéquat (formation B96 ou permis BE selon le poids total autorisé en charge du véhicule et de la remorque).

Quelle est la consommation moyenne de carburant en croisière ?

Équipé d'un moteur de 150 chevaux à injection électronique, le navire consomme entre 20 et 25 litres d'essence par heure à sa vitesse de croisière économique (autour de 20 nœuds sur mer belle). À plein régime, la consommation peut grimper au-delà de 45 litres par heure.

Cap sur vos prochaines navigations

Polyvalent, rassurant et pensé pour vivre la mer toute l'année sans contraintes financières excessives, ce timonier prouve qu'il n'est pas nécessaire de posséder un yacht de quinze mètres pour goûter au bonheur de l'escale sauvage. Que ce soit pour organiser une sortie pêche à l'aube ou emmener vos proches déjeuner dans une crique abritée, le Merry Fisher 695 répond présent à la première sollicitation.

Et toi, quelle est ta zone de navigation de prédilection pour poser l'ancre le temps d'un week-end ? Viens échanger tes conseils de mouillage, poser tes questions techniques et rencontrer d'autres passionnés de nautisme sur ShareMySea !

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